K.B.Stapert compositeur

  • Portrait du compositeur. Dessin aux trois crayons par Myriam Comet.

    Quand j'entends le son de mon Bechstein, mon piano à queue, une musique intérieure me prend et m'entraîne dans une sorte de rêve. En improvisant, les sonorités du piano m'amènent vers un destin que je ne maîtrise plus moi-même. C'est comme si mes doigts étaient guidés par un être invisible suivant une logique en dehors de moi. C'est pourquoi mon site se nomme: "Rêvant à mon Piano".

    Quand j'étais enfant, j'improvisais déjà dès que je me trouvais seul avec un piano dans une pièce. Enfant hollandais, en allant à l'école à bicyclette, j'inventais de la musique au rythme des pédales pour oublier ma solitude pendant de nombreux kilomètres. Jamais, je n'ai eu la prétention de devenir un artiste. Je gardais mon jardin secret. Alors toutes mes créations musicales s'évaporaient et je devenais un chimiste, une profession magnifique.

    Depuis, je mis terme à mon emploi d'enseignant, et je migrais vers la France; ma vie a changé. Je joue chaque jour. Je ferme la porte de sorte qu'aucun bruit ne puisse me perturber; je ferme mes yeux et improvise quelques heures.

    Au début je jouais une musique plutôt classique du 18 e siècle. Mais de plus en plus, je me laisse aller dans une folie contemporaine qui me semble originale. Je découvre de nouvelles sonorités.

    Mes improvisations sont enregistrées. Ensuite j'écris les partitions à l'ordinateur. Plus de 200 compositions ont été enregistrées, ce qui représente environ 20 heures de musique.

    Un réalisateur de films, par hasard, par une fenêtre ouverte m'écoutait... Il me demandait alors de composer la musique d'une cassette vidéo sur un grand peintre contemporain (Pierre Soulages parle....de sa peinture, des vitraux de Conques, de la Peinture). J'acceptais et Pierre Soulages était content de ma musique.

    Je pense que ce serait intéressant de créer des images (pour film ou danse) à partir de ma musique. Les noms de quelques-unes de mes pièces donnent déjà des suggestions possibles.

    Je n'attends d'ailleurs pas du tout les commandes pour continuer à improviser parce que rêver à mon piano est devenu le cœur de ma vie.

    K.B.Stapert

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Ecrivez-moi…

Carte_ecrivez_moiUn jour rempli de joie, je me suis mis derrière le piano et jouais une pièce pendant quatre minutes, que j’enregistrais. Je la nommais « Triomphe » opus 117.

Un après, Jean Soulet, réalisateur de film pour qui j’avais déjà composé de la musique, me dit dans un entretien : « Je parle contre moi-même, mais je te confie que dans un film la musique peut être aussi ou plus importante que l’image ». Je lui répondis : « Si tu crois cela, pourquoi tu  ne prendrais pas une pièce musicale et adapterais tes images au rythme et à la logique de la musique au lieu de faire le contraire ? »

Quelques temps plus tard, après avoir écouté l’opus 117, Jean Soulet me demande d’utiliser cette musique « pour me faire une surprise ! » Ainsi « Ecrivez-moi… » a vu le jour.
Ecoutez « Triomphe » opus 117:

Quant à la relation images et musique, je trouve que l’image et la musique se marient parfaitement dans leur aspect nostalgique mais se contredisent dans l’émotion : La joie de la musique et le sentiment triste de l’éloignement, de l’amour passé, évoqué par les images des vieilles cartes postales.
Je crois que Jean Soulet a fait une chose excellente, parce qu’il évoque par cette contradiction une tension qui fait de « Ecrivez-moi… » un petit chef d’œuvre bouleversant où la musique et l’image par leur complémentarité se renforcent réciproquement.

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